jeudi 21 janvier 2016

LA MÉTACOGNITION, UNE NOTION VIEILLE COMME LE MONDE


 Dans son traité de lâme, Aristote parle de la métacognition. Dit autrement, la métacognition est une notion vieille comme le monde. 
  
 Dans les rapports de neuropsychologue, l’on peut lire des conseils tels que routine métacognitive ou enseignement des notions de français par la métacognition

 En somme, la métacognition est un élément-clé dans le redressement des apprentissages de la langue française. Aussi, comme on me le demande souvent, j’ai pensé vous brosser un portrait global sur ce terme.


LA MÉTACOGNITION, UN RETOUR DANS LE TEMPS :
L’AN 335-322 (Aristote)
PETIT ROBERT 

MÉT(A) – :

¡ 1. Élément du grec meta, exprimant la succession, le changement, la participation et en philosophie et dans les sciences, ce qui dépasse, englobe.

COGNITION :
N. F. – XIVe ®latin cognitio ¡ 2. PHYSIOL. Processus par lequel un organisme acquiert la conscience des événements des objets de son environnement.

COGNITIF :
Adj. – XIVe ® latin cognitum, de cognoscere « connaissance » Qui concerne la connaissance, les processus mentaux dans son acquisition. Faculté cognitive. Opérations cognitives (abstraire, catégoriser, contextualiser, généraliser…)           

WIKIPÉDIA

En psychologie, la métacognition est la cognition sur la cognition. Le préfixe méta signifiant sur, à propos de, cognition, mot latin signifiant action de connaitre, de cognoscere, signifiant prendre connaissance par les yeux, composé du préfixe co et noscere, signifiant savoir.   

Définition résumée : la métacognition, c’est une activité mentale sur ses propres processus mentaux.

ARISTOTE, TRAITÉ DE L’ÂME

Confucius, enseignant à un de ces disciples : 

« Veux-tu que je t’enseigne le moyen d’arriver à la connaissance ? Ce que l’on sait et savoir qu’on le sait ; ce que l’on ne sait pas et savoir qu'on ne le sait pas : c'est savoir véritablement.1»

Résumé : la métacognition, c’est prendre conscience que l’on ne savait pas que l’on ne savait pas quelque chose.


EN SOMME :

La métacognition, c’est une activité mental qui s’initie à partir du moment où un apprenant cesse d’être en action et se place volontairement dans un processus de réflexion sur ses apprentissages : repasse-toi ton raisonnement dans ta tête. C’est une activité mentale sur ses propre processus mentaux, soit penser sur ses propres pensées.

Sur le plan de la lecture, tout apprenant TDA(H) peine à répondre aux types de questions suivantes, parce qu’il évite de se questionner sur son raisonnement :

·         Explique pourquoi, justifie ta réponse ?

·         Selon toi, pourquoi, à ton avis, pourquoi ?  

Manon Éléonor Rossignol,
Tutrice de français spécialisée en métacognition pour lapprenant TDA(H)
www.tutoratdefrancaismetacognition.com




vendredi 15 janvier 2016

UNE CONFÉRENCE QUI S’ADRESSE AUX PARENTS D’ENFANT TDA(H) SUR LES MÉTHODES D’APPRENTISSAGES EFFICIENTES EN FRANÇAIS, PAR LA MÉTACOGNITION, POUR L’APPRENANT TDA(H) AU PRIMAIRE OU AU SECONDAIRE



1er  Volet : l’aspect psychologique de l’enfant TDA(H) sur ses apprentissages du français


1.    Présentation de la conférencière.


2.    L’affectivité de l’apprenant TDA(H) et ses apprentissages en français.


3.    L’apprenant TDA(H) et le point de rupture sur ses apprentissages scolaires.


4.    Le mécanisme de la motivation et l’estime de soi de l’apprenant TDA(H).


5.    L’influence qu’a le caractère de l’apprenant TDA(H), c’est-à-dire son côté optimiste ou  pessimiste, sur son niveau d’opposition sur ses apprentissages.

6.    Le conditionnement et le reconditionnement de l’apprenant TDA(H).


2Volet : les apprentissages du français par la métacognition 


1.    Le consensus établi dans la société québécoise sur les capacités d’apprentissage d’un apprenant TDA(H) sur la langue française.

2.    La métacognition, une notion vieille comme le monde : sa définition, son origine.

3.    Comment enseigner une notion de français à l’apprenant TDA(H) par la métacognition : les composantes d’une notion et leur assemblage.

4.    Le GPS de l’apprenant TDA(H) : la mnémotechnie, la métacognition par le jeu, les stratégies.

5.    Le matériel pédagogique spécialisé en métacognition.

6.    Le parent-tuteur et ses outils d’enseignement spécialisés en métacognition.


3e  Volet : réaliser des études supérieures pour un apprenant TDA(H), est-ce possible ? 



       1. Une thèse : quand et comment doit-on outiller un enfant TDA(H) pour qu’il veuille plus tard entreprendre et réussir des études supérieures ?

       2.  Voir le TDA(H) et l’acquisition de ses apprentissages sous l’angle de la langue française.

       3.  Une balance à trois plateaux. L’art de maintenir un équilibre entre :
                      · la médication (un psychostimulant) ;

 · la psychologie de l’apprenant TDA(H), liée aux apprentissages du français (le conditionnement et le reconditionnement du TDA(H) sur ses apprentissages du français) ;
  ·  le système d’émulation, sa compréhension et la manière dont il faut s’y prendre pour le maintenir en place (le tuteur de français spécialisé en métacognition, le parent- tuteur et sa participation au quotidien).


4e  Volet : conclusion de la conférence 



1.  Le tuteur de français spécialisé en métacognition en pratique privée.

2. Faire évaluer son enfant TDA(H) sur ses compétences en français, par le tuteur de français spécialisé en métacognition.

3. Quand faut-il entreprendre une démarche pour faire suivre son enfant TDA(H) en enseignement par métacognition. 

4.  Période de questions des parents présents lors de la conférence.



L’auteure d’Isory Poutch, Manon Éléonor Rossignol

 

        Manon Éléonor Rossignol est née à Chute-aux-Outardes dans un village situé sur la Côte-Nord, en 1965. Elle a suivi des études collégiales en sciences de la santé à Bois-de-Boulogne et des études en rédaction à l’université de Montréal. Elle est romancière, rédactrice-réviseure, éditrice et tutrice de français spécialisée en métacognition pour l’apprenant en trouble déficitaire de l’attention TDA(H).

         Manon Éléonor Rossignol se consacre à l’écriture et à l’enseignement spécialisé depuis près de vingt ans. De 2009 à 2011, elle a travaillé au Collège Gérald-Godin, au Centre d’aide en français (CAF), une expérience qui lui a donné une vue d’ensemble sur les compétences que tout apprenant TDA(H) doit acquérir durant ses études primaires et secondaires pour pouvoir réussir les trois cours de littérature imposés au cégep. Cette expérience lui a aussi permis de préciser sa vision sur le matériel pédagogique destiné aux apprenants TDA(H) qu’elle s’est appliquée à rédiger au cours des dix dernières années.

      Durant la période scolaire, Manon Éléonor enseigne le français en pratique privée aux apprenants TDA(H),en tutorat spécialisé en métacognition. L’été, elle écrit ses romans.

          C’est en 2002 que l’idée d’Isory Poutch a commencé à germer dans son esprit. Pendant neuf mois, elle s’est consacrée à l’écriture de son livre. En mai 2003, elle mettait au monde le premier tome d’Isory Poutch À la découverte de ses slamichs ; en décembre 2004, le deuxième tome Le sortilège de Cacouna. Ses deux premiers romans se sont vendus à plus de 15 000 copies. Ce n’est pourtant que 11 ans plus tard qu’elle a commencé à écrire le tome III. Entre-temps, Manon Éléonor a dû combattre un cancer du sein.

C’est en 2002 que l’idée d’Isory Poutch a commencé à germer dans son esprit. Pendant neuf mois, elle s’est consacrée à l’écriture de son livre. En mai 2003, elle mettait au monde le premier tome d’Isory Poutch À la découverte de ses slamichs ; en décembre 2004, le deuxième tome Le sortilège de Cacouna. Ses deux premiers romans se sont vendus à plus de 15 000 copies. Ce n’est pourtant que 11 ans plus tard qu’elle a commencé à écrire le tome III. Entre-temps, Manon Éléonor a dû combattre un cancer du sein.


Ne pas se laisser mener par les événements, mais agir sur eux.
Faire face aux problèmes et trouver des solutions.

         Voilà deux phrases qui ont permis à Manon Éléonor de trouver le courage de poursuivre sa route. Arborant un look « monsieur net », elle a repris le collier de l’enseignement 12 jours après son dernier traitement de chimiothérapie. Se doutant qu’il y aurait plusieurs obstacles à franchir et de nombreuses épreuves à traverser, Manon Éléonor s’est disciplinée, tant dans ses habitudes de vie que dans ses pensées : « Isory Poutch va devoir se montrer tenace et flexible avant de revenir au monde ! » s’est-elle dit pendant son rétablissement. En novembre 2015, Manon Éléonor nous offre le tome III, partie I, d’Isory Poutch, La contre-attaque de l’escadron Sirien.

          Pour réserver une date de conférence ou pour avoir de l'information sur les tarifs :
          . www.tutoratdefrançaismetacognition.com
          . manoneleonor@videotron.ca 


L’APPRENANT TDA(H) ET LE SYSTÈME D’ÉMULATION


(Première mouture)

L’ENFANT ET L’ÉMULATION

  L’on définit l’émulation comme le sentiment qui pousse un individu à imiter quelqu’un qu’il admire. Il s’agit donc d’un désir conscient de se rapprocher de ce qui charme une personne. Dans une définition plus explicite, l’on définit l’émulation comme un effort considérable non pas seulement d’imiter la personne admirée, mais de la surpasser. Autrement dit, l’émulation se passe dans l’action de faire l’effort de mieux faire quelque chose que l’individu idolâtré.

  Alors, l’enfant, dans sa quête de vouloir faire mieux que la personne qu’il cherche à imiter, doit avoir le sentiment qu’il puisse la détrôner. Autrement, s’il sent que ça lui est impossible, que son objectif est inatteignable, il perd toute motivation à vouloir atteindre son objectif, et le système d’émulation n’a alors plus sa raison d’être.   

  L’enfant doit donc à la fois ressentir le désir d’imiter quelqu’un pour qui il a en admiration et sentir qu’il a le pouvoir de le surclasser.  

LA RENAISSANCE DE L’ÉMULATION CHEZ L’ENFANT TDA(H)

  L’élément déclencheur qui incite l’enfant à s’instaurer un système d’émulation est la motivation.  La motivation de protéger et de bonifier son estime de lui, son amour-propre, autrement dit, qui l’amène à se préférer aux autres, qui le fait se choisir. C’est cet état d’être qui le porte à entreprendre des actions constructives, valables et salutaires. En somme, ce sentiment le porte à se faire du bien et à faire du bien aux autres, et non le contraire.

  Or, chez l’enfant TDA(H), les choses ne se produisent pas de la même manière : il se sent fragilisé sur son estime de lui. Vivant mal cet état d’être, l’enfant cherche à protéger son amour-propre, ce qui l’incite à entreprendre des actions, à poser des gestes et à prononcer des paroles inconvenables.

  Très vite, sans qu’il ne s’en rende compte, l’enfant se conditionne à vivre en communauté, mais sans vraiment y être : le bien paraître devient une seconde nature, et il ne cherche jamais vraiment à vouloir atteindre un but précis sur le plan de ses apprentissages, car, s’il s’y mettait véritablement, il pourrait faire l’objet d’estime d’autrui et, donc, d’approbation, ce qu’il croit improbable. Autrement dit, l’enfant TDA(H) cherche à éviter les situations de comparaison parce que, s’il s’y mettait, les autres pourraient porter atteinte à son estime de lui, déjà fragilisé.

  Or, pour qu’il y a ait estime de soi, il faut instaurer un système d’émulation. Et qui dit système d’émulation dit situation de comparaison. L’enfant doit donc réapprendre à vouloir imiter quelqu’un. Et c’est ici qu’intervient le tuteur de français spécialisé en métacognition, en redressant les apprentissages du français de l’enfant TDA(H).



DES INTERVENTIONS CIBLÉES, PRÉCOCES ET EFFICIENTES : UN DÉFI DE TAILLE

  Pour que l’enfant veuille à nouveau s’instaurer un système d’émulation, pour que cela puisse s’initier, le tuteur spécialisé en métacognition doit intervenir le plus tôt possible dans les apprentissages de l’enfant TDA(H) et il doit irrémédiablement être efficient dans ses interventions. Il doit en effet démontrer à l’enfant, voire lui prouver, hors de tout doute, que celui-ci est capable de l’imiter, que cela n’existe pas seulement dans le domaine des possibilités et qu’il ne s’agit pas d’une illusion, mais bien d’une réalité.  

  Dès qu’il y parvient, une partie s’engage. Le tuteur doit dès lors marquer des points afin de maintenir en place le système d’émulation pour garder intact la motivation de l’enfant, et c’est en se servant de matériel pédagogique stimulant qu’il y parvient, lequel sert, en quelque sorte, d’élément déclencheur puisqu’il incite l’enfant à vouloir s’investir dans la progression de ses apprentissages.
Au bout d’un moment, à son insu, l’enfant TDA(H) commence à développer de nouveaux réflexes dans son quotidien, de nouvelles habitudes sur l’application de ses notions du français. Il est ici question de reconditionnement.

LA CONSÉCRATION

  Bien sûr, au début, le reconditionnement d’un réflexe sur ses apprentissages se fait dans le K O, et l’enfant se sent mal habile. Or, étrangement, même s’il n’obtient pas immédiatement les résultats escomptés – sur le plan de la notation –, l’enfant se sent d’attaque, et sa motivation est intacte. Et il se sent ainsi parce qu’il se dit qu’il possède quelque chose que les autres enfants n’ont pas, soit du matériel qui lui donne la possibilité de performer. Autrement dit, il peut se comparer à ses semblables et est fier de pouvoir le faire. Il renoue enfin avec le désir de se comparer à ses pairs. La suite ? Multiplier l’expérience, faire en sorte que l’enfant ressente qu’il est efficient, encore et encore. Au bout d’un moment, il finit non seulement par y croire, mais il le devient, et les résultats s’ensuivent, la consécration d’efforts concertés.
                                                                       
Manon Éléonor Rossignol                              
manoneleonor.blogspot.com

www.tutoratdefrancaismetacogntion.com

lundi 14 décembre 2015

L'HISTOIRE DE BENJAMIN SE POURSUIT !


Aujourdhui, j’ai reçu un courriel de Benjamin, ladolescent TDAH extraordinaire dont il est question dans mon article « Ai-je gâché ma vie ». En fait, il s’agit d’une copie du courriel que lui a envoyé sa professeure d’histoire.

J’ai pensé vous le partager, chères mamans d’enfant TDAH, pour que vous gardiez espoir : un enfant, ou un adolescent TDAH, à qui l’on prodigue de l’enseignement adéquat, parvient à réussir au même titre quun enfant dit « normal ».

COURRIEL DE LA PROFESSEURE ENVOYÉ À LA MÈRE DE BENJAMIN

Sujet : Re: Examen d'histoire

Message :
Bon matin, Benjamin!

Si je ne me trompe pas, ton rendez-vous avec ta tutrice de français spécialisée en métacognition est un peu plus tard aujourd'hui.

Je viens tout juste de terminer de corriger ta copie.


Tu peux être fier de toi!  Ton résultat s'est amélioré de beaucoup comparativement à ceux de la première étape.


Imagine-toi donc que ton estimé de résultat était très près puisqu'au final, tu n'as eu qu'une seule erreur!!! 
Ce qui t'attribue un résultat de 95%!  Je suis vraiment fière de toi.  Nous corrigerons ta copie, en classe, demain, ce qui te permettra de comprendre ton erreur.


Ça prouve que la technique que t'a enseignée ta tutrice spécialisée en métacognition sur l'analyse d'une question d'examen t'aide vraiment. Ne cesse jamais de répondre ainsi dans tes futures évaluations en histoire et dans tes autres matières!


Ton vécu prouve que la persévérance et l'effort bien encadré apportent concrètement des améliorations!


Je te souhaite maintenant de t'allouer un petit moment de plaisir pour te récompenser de ton bon travail!

Bonne journée!
Mme Deschambault


www.tutoratdefrancaismetacognition.com

isorypoutch.blogspot.com

vendredi 11 décembre 2015

AI-JE GÂCHÉ MA VIE ?


Il vient un moment dans la vie où l’on se pose des questions existentielles, et c’est ce soir que je me les suis posées :

Ai-je gâché ma vie en pensant que c’était une bonne idée de vouloir faire la différence dans le monde ? Était-ce une bonne idée davoir consacré dix ans de ma vie à faire de la recherche et du développement sur du matériel pédagogique pour apprenant TDAH ? Était-ce une bonne idée de me vendre l’idée que je pouvais faire quelque chose de grand pour les apprenants TDAH ? Que je pouvais leur concocter du matériel pédagogique tricoté sur mesure ?

Ai-je gâché ma vie à vouloir trop bien faire ? À donner des centaines d’heures de bénévolat à mes élèves et à leur maman, en me disant que c’est pour une bonne cause, la cause des enfants TDAH ?

Ai-je gâché ma carrière de romancière parce que j’ai brillé par mon absence pendant trop longtemps, le diagnostic d’un cancer du sein, en 2011, ayant complètement chambardé ma vie et changé mes priorités ? Devrais-je écrire aux 15 000 lecteurs d’Isory : « Chers lecteurs, chers lectrices, je suis désolée d’avoir été incapable de surmonter plus rapidement les effets secondaires des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Je suis désolée d’avoir mis trop de temps à vous écrire le troisième tome. De plus, je suis désolée de ressentir encore aujourd’hui la fatigue des traitements de radiothérapie qui me pèse sur les épaules comme une chape de plomb. Enfin, je suis désolée que les libraires soient presque de glace devant la binette d’Isory dont ils ont oublié l’existence » ?

Ce soir, j’ai vraiment l’impression d’avoir raté ma vie. Alors, j’ai décidé de lâcher prise. Et je me suis dit ceci : « Si je dois tout lâcher, tout perdre, tout vendre et partir au loin, si c’est la volonté de Dieu, de l’Être suprême, de Bouddha et de Gumby, tant qu’à y être, qu’il en soit ainsi. »

Presque aussitôt, ces êtres suprêmes, Gumby y compris, comme s’ils s’étaient concertés, m’ont envoyé un messager pour le moins particulier, un de mes élèves :

« Bonjour, Manon. Trop cool, le nouveau jeu – il s’agit d’un jeu dont se sert Manon Éléonor pour m’inciter à prendre conscience du processus de ma pensée lorsqu’on travaille une notion en français. J’ai hâte de le voir. Je suis sûr qu’il va être extraordinaire. Et ne vous inquiétez pas pour les efforts : je vais tout de suite les mettre en place. À ce sujet, je me suis fait une petite page Word que j’ai placée en haut de mon lit pour que, chaque soir, je me rappelle qu’il faut que je travaille fort.

Signé : Benjamin-Votre-Élève-Qui-Vous-Adore-Car-Vous-Êtes-La-Meilleure-Tutrice-De-Tout-L’Univers
P.S. : dites à William que j’ai hâte de le voir et que je lui donne un gros bisou. »

 ^^^^^^^^^^^^^^^^
 |                                  |
 |      0             0      |
(|                .                 |)
 |        \________/         |
 |___________________|
            |          |
 ______|          |________
|                                    |
|       __              __        |
|       |  |              |   |       |
|       |  |              |   |       |
|____|  |              |   |____| 




Au final, ce qui compte, ce n’est peut-être pas ce que je lègue derrière moi. Ce qui compte, c’est qui je suis pour les enfants TDAH.  

Manon Éléonor
isorypoutch.blogspot.com

www.tutoratdefrancaismetacognition.com





samedi 5 décembre 2015

UNE CONFÉRENCE DANS LES BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES DU QUÉBEC POUR LES PARENTS D'ENFANT TDA(H)

Manon Éléonor Rossignol 
offre une conférence aux parents d'enfant TDA(H) et  
répond à leurs nombreuses questions
www.tutoratdefrancaismetacognition.com  
Lors de la conférence, Manon Éléonor Rossignol développera sur :
·         l’aspect psychologique de l’enfant TDA(H) sur ses apprentissages du français ;
·         les apprentissages du français par la métacognition ;
·         la réussite d'études supérieures pour un apprenant TDA(H) ;
·         l’enfant TDA(H) et son opposition sur ses apprentissages.


lundi 23 novembre 2015

LES COMPÉTENCES EN FRANÇAIS QU’UN APPRENANT TDAH DOIT AVOIR ACQUISES AVANT LA FIN DE SON PRIMAIRE



 Arrivé au secondaire, l’apprenant TDA(H) voit sa vie basculer : il entre dans la période de l’adolescence et les exigences scolaires sont plus grandes, deux réalités qui l’éprouvent au quotidien et qui l’ébranlent, notamment sur son estime de lui. Et, comme pour lui compliquer les choses, la puberté vient exacerber son trouble oppositionnel, une réalité que vit tout apprenant TDA(H). Que se passe-t-il alors sur ses apprentissages en français ? Les réflexes qu’il a développés durant son primaire font figure de proue. Dans cet article, il est question des compétences que doit acquérir un apprenant TDA(H) en français avant la fin de ses études primaires pour pouvoir réussir ses études secondaires et des raisons pour lesquelles il doit y parvenir à tout prix. Il n’y a pas à s’en sortir de là. C’est une condition sine qua non à la réussite de ses études secondaires.   

L’OPÉRATION COGNITIVE IMPLICITE À LA COMPRÉHENSION DUN TEXTE : LINFÉRENCE

  
  La lecture et la syntaxe sont les deux compétences qu’un apprenant TDA(H) doit acquérir au primaire.

   D’abord, la lecture est le talon d’Achilles d’à peu près tous les TDA(H). Ce qu’il faut savoir est que près de 80 % des éléments composant un roman font l’objet d’inférence, soit la déduction, cette activité mentale qui permet de passer d’une assertion, appelée prémisse, à une nouvelle assertion qui en est la conclusion. Or, chez l’apprenant TDA(H), cette opération cognitive se produit difficilement. Et pour cause. L’inférence implique le recours à l’interprétation d’un fait. Le principe est le suivant : lorsqu’on a recours à l’inférence, on ajoute une information à un fait ou à une réalité présente pour en interpréter le sens. Autrement dit, pour interpréter le sens d’une réalité, il faut placer en contexte les éléments qui composent cette réalité. À titre d’exemple, imaginez un cortège de voitures de patrouille qui circulent sur une rue bordée de policiers armés et faisant le pied de grue de part et d’autre des trottoirs, suivi d’une limousine aux vitres teintées. Très vite, vous en viendrez à la conclusion qu’un personnage éminent se trouve à l’intérieur de la limousine, puisqu’on y a déployé des mesures importantes de sécurité. Ce processus mental ne se produit pas aussi facilement pour l’apprenant TDA(H). En effet, l’on observe chez l’enfant TDA(H) un retard de développement de l’hémisphère de son cerveau droit, cette partie du cerveau de l’humain qui représente, entre autres, la capacité qu’a un individu à utiliser ses connaissances en général pour déduire une réalité sous-entendue d’un fait, opération cognitive à laquelle l’on doit constamment recourir lorsqu’on lit un livre. En somme, lorsqu’un apprenant TDAH lit un roman, il en comprend mal 80 % des éléments, lesquels s’interprètent à partir d’un contexte.

   Ensuite, il y a une tendance en éducation spécialisée qui rend difficile le redressement de la lecture chez l’apprenant TDAH : l’usage de la carte mentale, cet outil qui permet à l’apprenant d’émettre ses idées qu’il jette sur papier, un peu comme un remue-méninge, qu’il répertorie sur une feuille de papier au centre de laquelle il dessine un noyau à partir duquel il trace des lignes qu’il prolonge vers l’extrémité de la feuille, en lui donnant l’aspect d’un arachnide.

   Bien qu’elle soit un outil très utile à d’autres aspects du français, en lecture, la carte mentale est peu efficace, voire nuisible, pour l’apprenant TDAH, notamment pour l’apprenant au primaire.

   En effet, au primaire, l’apprenant doit apprendre à organiser ses idées lorsqu’il lit un roman à l’étude. En fait, à partir du 5e primaire, on l’introduit au schéma narratif qu’il doit apprendre à maîtriser, soit la situation initiale, l’élément déclencheur, les péripéties, le dénouement et la situation finale, procédé d’écriture qui lui permet de résumer l’histoire d’un roman. À ce sujet, l’apprenant doit aussi apprendre à utiliser une technique d’annotation appelée PLATO, acronyme signifiant personnages, lieux, actions, temps et objets. Cette méthode d’annotation lui permet rapidement de repérer tous les éléments importants de chacune des composantes du schéma narratif dans chacun des chapitres d’un roman, éléments dont il se sert pour rédiger son résumé. Autrement dit, la carte mentale incite l’apprenant TDA(H) à donner libre cours à ses idées alors qu’en réalité on lui demande d’apprenne à les organiser de manière précise et concise. Comme résultat : l’apprenant à qui l’on prodigue cet outil de travail au primaire s’oppose avec véhémence à tout outillage qui l’incite à organiser sa pensée.

   En résumé, lorsqu’un apprenant lit un roman, il parvient peu à comprendre 80 %  des éléments qui le composent, et on l’incite à mal organiser le peu qu’il en comprend, en lui fournissant un outillage peu efficient dans un contexte où l’on cherche à redresser ses apprentissages en lecture. Pas étonnant qu’il ait la lecture à repousse-poil.

   Enfin, la syntaxe, cette compétence en français qui relève de l’écriture, soit savoir bien écrire une phrase. Au primaire, le professeur n’enseigne pas la syntaxe aux élèves. Et il ne le fait pas parce qu’il n’a pas appris à le faire lors de sa formation universitaire et que ce n’est pas une compétence qu’on lui demande d’enseigner. Aussi, si l’apprenant ‘’ régulier ‘’ parvient en s’en tirer sans cet enseignement, c’est une toute autre paire de manches pour l’apprenant TDA(H) dont les textes sont truffés d’erreurs de syntaxe. À ce sujet, il n’est pas rare de voir des phrases composées d’une proposition subordonnée dans les textes d’un apprenant TDA(H), notamment la circonstancielle, sans sa proposition principale. À titre d’exemple, l’on y observe des phrases telles que lorsqu’il entre dans le château, ou encore, quand il viendra, lesquelles rendent ses textes incompréhensibles.

  Autrement dit, penser qu’un apprenant TDA(H) puisse à lui seul résoudre ce problème relève de la fiction. Seul un enseignement spécialisé peut lui permettre de redresser la barre, lequel l’on doit nécessairement lui prodiguer par la métacognition, l’enseignement de la syntaxe n’étant pas une mince affaire à réaliser.

LE SABLE COULE DANS LE SABLIER


  Jusqu’ici, l’on n’a pas parlé de techniques et de réflexes d’écriture. En fait, ce qu’il faut comprendre est que l’acquisition d’une compétence en français pour un apprenant TDA(H) passe par un processus d’assemblage, lequel lui permet de consolider une compétence, un défi de taille pour le tuteur spécialisé en métacognition. En effet, après avoir pallié le problème de syntaxe de l’apprenant, le tuteur doit l’amener à désapprendre les réflexes d’écriture qu’il a développés par instinct de ‘’ survie ‘’ au cours de ses premières années scolaires, lesquels le pénalise sur son autocorrection. Ensuite, le tuteur doit l’entraîner à se servir de méthodes d’écriture efficientes, période au cours de laquelle il lui enseigne des stratégies visant à acquérir du lexique, notamment en l’amenant à développer des banques de mots. C’est aussi au cours de cette période qu’il lui enseigne toutes les parties du plan d’un texte d’opinion et qu’il lui montre à en écrire avec efficience. Est-ce tout ? Non. Le tuteur doit aussi développer des réflexes d’usage sur toutes les parties du plan du texte d’opinion. Seulement ensuite, il passe à l’étape d’assemblage de toutes ces composantes.

  Somme toute, redresser les apprentissages d’un TDA(H) est une lourde tâche pour le tuteur de français spécialisé en métacognition, tant sur le plan de la lecture que sur le plan de l’écriture. Qui plus est, le tuteur a peu de temps pour l’accomplir, car, d’une part, le spatio-temporel, soit l’espace-temps scolaire, est court, d’autre part, l’adolescence, qui s’amène à grand pas à partir du 6e primaire, lui rend très vite la tâche impossible sur le reconditionnement de l’apprenant, le trouble oppositionnel de ce dernier commençant alors à s’exacerber.   

   En conclusion, les grains de sables qui restent dans le sablier sont comptés pour le parent lorsque son enfant entre dans la période de son adolescence, car, si celui-ci parvient par miracle à franchir le cap du troisième secondaire, rendu là, l’adolescent abandonne très souvent l’idée de compléter ses études secondaires, le redressement de ses apprentissages en français lui apparaissant dès lors insurmontable. Le parent doit donc réagir vite. « Que doit-on faire ? » me demande le parent, désemparé, lorsqu’il m’entend dire ces propos. « Soyez proactif. Réagissez avant que votre enfant entreprenne ses études secondaires. Faites en sorte qu’il devienne compétent tant en lecture qu’en écriture. » C’est en effet la formule gagnante pour l’enfant TDA(H). En fait, c’est l’unique voie. La voie qui lui donne accès à la liberté de choix sur son avenir.

www.tutoratdefrancaismetacognition.com