vendredi 30 septembre 2016

L’ENFANT TDA(H) : « LE FRANÇAIS, C’EST PLATE ! » QUATRIÈME POST



   Tite-Mine



Dès son deuxième cycle du primaire, l’enfant TDA(H) se sent différent de ses pairs sur ses apprentissages du français, sentiment avec lequel il compose mal. Des grains de sable s’infiltrent dans l’engrenage de sa motivation, et l’enfant fait tout ce qui est en son pouvoir pour s’en débarrasser : il fait vite ses devoirs et ses leçons de français et fait tout pour que personne ne s’en aperçoive.

Dès lors, l’enfant TDA(H) ne cherche jamais vraiment à vouloir atteindre un but précis sur le plan de ses apprentissages du français, car, s’il s’applique à la tâche, il pourra faire l’objet d’estime d’autrui et, donc, d’approbation, ce qu’il croit improbable et qu’il cherche à éviter. Et pour cause : l’enfant TDA(H) cherche à éviter les situations de comparaison parce que, s’il s’y met, s’il se compare à ses pairs, ceux-ci pourront porter atteinte à son estime de lui déjà fragilisée.

C’est pourquoi le parent doit éviter d’associer le manque d’effort que montre son enfant sur ses tâches scolaires à la paresse, notamment sur ses devoirs et ses leçons de français.


     Manon Éléonor Rossignol,
     Chercheuse indépendante en enseignement du français par des processus métacognitifs pour
     l’apprenant TDA(H)
     Rédactrice, correctrice-réviseure,
     Romancière
     manoneleonor.blogspot.ca

     manoneleonor@videotron.ca

mardi 20 septembre 2016

L’ENFANT TDA(H) ÉPUISE LE PARENT À PETIT FEU, TROISIÈME POST

                                                     

Il est primordial que l’enfant maintienne en place son système d’émulation lorsqu’il commence l’école, car, dès lors, ce système « s’exprime » différemment dans le quotidien de l’enfant, puisqu’il ne reste que l’élément de comparaison dans l’équation du système d’émulation. Autrement dit, l’enfant cherche à se comparer à ses pairs dès sa première année scolaire.

Or, l’enfant TDA(H) se sent très vite fragilisé sur son estime de lui lorsqu’il fait son entrée à l’école parce qu’il se sent différent des autres enfants. Vivant mal cette situation, il cherche à protéger son amour-propre, ce qui l’incite à entreprendre des actions, à poser des gestes et à prononcer des paroles inconvenantes, mais, surtout, à cesser de se comparer à ses pairs. En somme, l’enfant TDA(H) jette par-dessus bord son « système de comparaison », soit son système d’émulation.

C’est à partir de ce moment-là que les choses se compliquent pour le parent puisque l’enfant commence alors à se conditionner à éviter de faire ses leçons et ses devoirs, notamment ceux de français parce que, de toutes les matières, c’est cette matière qui le contrarie le plus puisqu’elle lui rappelle constamment comment il se sent sur ses pairs sur ses apprentissages, une émotion qu’il cherche à taire au plus profond de son être.

L’enfant développe donc de nouveaux comportements qui lui permettent d’éviter de faire ce qu’il a à faire sur ses apprentissages du français et commence du même coup à éprouver son parent, qu’il épuise à petit feu.

Système d’émulation : 1er et 2e post


      Manon Éléonor Rossignol,
      Chercheuse indépendante en enseignement du français par des processus métacognitifs pour
      l’apprenant TDA(H)
      Rédactrice, correctrice-réviseure,
      Romancière
      manoneleonor.blogspot.ca

      manoneleonor@videotron.ca

samedi 17 septembre 2016

LA NAISSANCE DE L’ÉMULATION CHEZ L’ENFANT, DEUXIÈME POST



Tite-Mine 



L’élément qui pousse un enfant à instaurer son système d’émulation, c’est la motivation, la motivation de protéger son estime de lui qu’il se « construit » au fil du temps.

En fait, l’enfant est motivé à bonifier son estime de lui par amour-propre, ce qui l’amène à se préférer aux autres et à se choisir. C’est cet état d’être qui le porte à entreprendre des actions constructives, valables et salutaires.

En somme, ce sentiment porte l’enfant à se faire du bien et à faire du bien aux autres, et non le contraire.

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mercredi 14 septembre 2016

L’ENFANT ET SON SYSTÈME D’ÉMULATION, PREMIER POST



                                                   Jarvis et Tite-Mine




L’estime de soi naît à partir du système d’émulation, soit l’action d’imiter quelqu’un pour qui on a de l’admiration.

L’enfant imite donc un parent en se comparant à lui, tout en cherchant à mieux faire l’action que fait le parent.

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mardi 3 mai 2016

Il FAUT ACCEPTER QUE ÇA FASSE MAL UN PEU TOUS LES JOURS !


Il y a quelques mois, j’ai commenté une vidéo sur Facebook. Il s’agit d’une vidéo qui dure à peine deux minutes sur Patrick Bet-David, un homme ordinaire qui décide de se donner une vie extraordinaire. 

Cette vidéo, je l’ai visionnée très souvent au cours des derniers mois pour m’aider à garder le cap: réaliser mon rêve, c’est-à-dire créer un logiciel d’apprentissage du français pour l’apprenant TDA(H). 

Ce matin, en travaillant sur une partie de mon logiciel prototype, j’ai pensé à ce que dit monsieur Bet-David dans sa vidéo : « The Eventualy The Became Who The Are Today. » 

Quand je regarde aujourd’hui mon prototype, toutes les versions que j’en ai faites au fil des années, je me dis que j’en ai parcouru du chemin. Je me dis que je m’approche du but. Mais je me dis aussi qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour que je franchisse la ligne d’arrivée, plusieurs étapes déterminantes que je devrai traverser avec succès pour que mon logiciel voie le jour. 

Aussi, comme la fatigue me gagne ces temps-ci, je me suis imprimé le commentaire que j’ai fait sur monsieur Bet-David et l’ai collé sur la porte de mon frigidaire, histoire de me rappeler que je dois faire preuve d’humilité les jours où ça ne tourne pas rond en me rappelant ce que je m’étais dit lorsque j’ai décidé d’entreprendre ce projet de logiciel : « L’innovation est un acte de foi, Manon Éléonor. Jusqu’où ta foi te conduira-t-elle ? »

Voici donc le commentaire en question qui me rappelle ce qu’est la vie de quelqu’un qui décide d’emprunter une voie peu fréquentée, celle où il faut travailler fort tous les jours jusqu’à ce que le rêve se réalise : 

« Tout ce que dit Patrick Bet-David dans sa vidéo est vrai. En fait, j’ajouterais qu’il faut accepter que ça fasse mal un peu tous les jours lorsqu’on entreprend la folie de réaliser un rêve. Accepter l’insécurité, l’inconnu. Avoir l’impression de se retrouver dans la noirceur. Très souvent. Se sentir perdant par moment. Pleurer et se relever. Recommencer et recommencer à nouveau. Chercher des solutions qui nous permettent de continuer notre route. Éviter de choisir le moindre de deux maux parce qu’on cherche à en finir. 

Alors, pourquoi continuer sur cette voie, me direz-vous ? Je le fais parce que je suis mon intuition et que ma petite voix intérieure me dit que c’est ce que je dois faire. Je dois juste continuer à ‘’focuser‘’. Je dois juste me laisser guider par ma passion. Continuer à y mettre de la rigueur et de la constance, mais, surtout, continuer à y mettre du cœur. »

     Manon Éléonor Rossignol,
     Chercheuse indépendante en enseignement du français par des processus métacognitifs pour
     l’apprenant TDA(H)
     Rédactrice, correctrice-réviseure,
     Romancière
     manoneleonor.blogspot.ca
     manoneleonor@videotron.ca










mercredi 27 avril 2016

« CHER GUMBY, HIER, J’AI FAIT PLEURER UN ADOLESCENT TDA(H) ! »

                                                                 1re MOUTURE

Faute d’avoir le goût de m’adresser au Tout-Puissant puisque je me remets en question sur mes croyances religieuses ces temps-ci, j’ai décidé de faire affaire avec Gumby, que j’ai nommé l’Être-Suprême-Intérimaire-De-Dieu.

Pour les jeunes générations qui ne le connaissent pas, Gumby est un personnage animé… disons particulier, qui a fait fureur dans les années 1970.

Voici donc ce qui m'incite à m’adresser à l’Être-Suprême-Intérimaire:

« Cher Gumby, hier, j’ai fait pleurer un adolescent TDA(H) qui finit son troisième secondaire en juin prochain !

Je venais de l’évaluer sur ses compétences en français et j’avais déjà une très bonne idée sur le portrait global de sa situation sur ses apprentissages que je lui ai dépeint, bien sûr. Il fallait que je le fasse. Il fallait que je lui dise les vraies choses. Mais combien ce fut difficile pour moi de m’acquitter de cette tâche : l’adolescent accuse plus de trois années de retard sur ses apprentissages en français. Sac à papier !

En m’écoutant lui faire un compte rendu sur mes observations sur son évaluation, le petit loup est venu les yeux plein d’eau, et ça m’a brisé le cœur. Comme pour me rendre la tâche encore plus difficile qu’elle ne l’était déjà, en parlant à la maman, celle-ci m’a confirmé qu’« elle avait fait suivre son garçon par des professionnelles en éducation spécialisée pendant plusieurs années, lorsqu’il se trouvait au primaire ». De plus, elle l’a fait évaluer deux fois plutôt qu’une par une orthophoniste et un psychologue. Fudge ! Pis encore : le petit chou se trempe le pied dans son rêve depuis trois ans puisqu’il étudie dans une école de cirque.

Bien qu’on me prétende être le Département-Des-Miracles sur le redressement des apprentissages du français, il y des moments où ça devient lourd à porter, ce rôle. C’est là que j’ai le goût de tout lâcher. Mets-toi à ma place, Gumby : ce jeune garçon TDA(H) s’autodiscipline depuis plusieurs années. De plus, il étudie jusqu’à très tard le soir après l’école parce qu’il caresse le rêve de devenir un artiste professionnel.

Le hic est que, l’an prochain, ce garçon devra réussir son examen ministériel du secondaire. Et il devra aussi se taper trois cours de littérature lorsqu’il sera rendu au cégep. Puis, s’il les réussit, il devra de plus réussir l’épreuve uniforme de français. Et là, Gumby, je te le confirme, l’épreuve uniforme de français, ce n’est pas de la tarte. Je t’en passe un papier. Si tu étais à sa place, tu en perdrais des bouts de « plasticine ». Je te l’assure.

À ce sujet, imagine que tu doives disserter en 900 mots sur le sujet suivant : « Si l’on se réfère aux extraits de Molière, auteur classique, et de Balzac, auteur réaliste, on constate qu’ils prêtent la même conception de l’amour à leurs personnages, amour qu’ils décrivent de façon similaire. Critiquez la véracité de cette affirmation. […] » Mais ça, ce n’est pas le pire, Gumby. Lis les extraits des textes suivants sur Molière et sur Balzac :

« Quoi ! Tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on ait plus d’yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d’un faut honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion et d’être mort dès sa jeunesse à toutes les beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! […] 1 »

Dom Juan, extrait de l’acte I, scène II
Auteur, Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière

« Aimante et coquette, Mme de Nucingen avait fait passer Rastignac par toutes les angoisses d’une passion véritable  en déployant pour lui les ressources de la diplomatie féminine en usage à Paris. Après s’être compromise aux yeux du public pour fixer près d’elle le cousin de Mme de Beauséant, elle hésitait à lui donner réellement les doits dont il paraissait jouir. […] 2 »
Père Goriot
Honoré de Balzac

Y as-tu compris quelque chose, Gumby ? Lorsque je te disais que tu en perdrais ta « plasticine », je n’étais pas très loin de la vérité. Et là, je ne t’ai pas encore parlé des erreurs : si tu commettais des erreurs de syntaxe, de grammaire, d’orthographe, de ponctuation et d’homonyme, dans ton texte, on en ferait le compte, puis, on le retrancherait de ton résultat final. En fait, on enlève jusqu’à 30 points du résultat final sur les erreurs laissées dans ta dissertation. Un chausson aux pommes, avec ça !

Cela dit, bien que je sois tentée de quitter le Département-Des-Miracles, je vais y rester : je vais relever le défi sur ce jeune garçon, en l’amenant à devenir très compétant sur ses notions de la langue française. Je vais le faire parce que ce garçon, honorable et courageux, va bien au-delà de ses peurs. Je vais le faire parce qu’il est l’espoir de demain et que ça, ça me rappelle pourquoi je fais ce que je fais.

À suivre !

Manon Éléonor Rossignol
isorypoutch.blogspot.com
www.tutoratdefrancaismetacognition.com
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mardi 19 avril 2016

RIGUEUR ET CONSTANTE, TROISIÈME ROUND : LE CAPITAINE CROCHET CONTRE PETER PAN





Ce ne serait pas merveilleux d’avoir un enfant ! C’est le genre de réflexion qu’on tous les jeunes couples à un moment donné de leur vie. À ce sujet, je serais curieuse d’entendre le point de vue des couples qui en ont un et dont l’enfant est aux prises avec un TDA(H).

À mon avis, ceux-ci opteraient pour une version… disons plus illustrée : « Oubliez Alice au pays des merveilles et pensez plutôt au capitaine James Crochet et à Peter Pan » auraient-ils envie de leur dire, à ces couples qui rêvassent d’une belle petite vie de famille.

Si, dans l’histoire, c’est un crocodile qui s’empare du bras du Capitaine Crochet, eh bien, dans la vraie vie, c’est l’enfant TDA(H) qui, prenant des allures de Peter Pan, grignote les nerfs de ses parents, dès qu’il entre dans sa période d’adolescence.

Et je suis convaincue que plusieurs parents se sont dit ceci, en lisant soyez un port d’attache pour votre adolescent, dans mon article Rigueur et constance […], j’en ai le mal de mer, partie du texte où je fais référence aux parents à qui je propose d’agir comme un guide pour leur jeune : « J’opterais plutôt pour l’attacher sur le port ! » me lanceraient-ils sur leur adolescent qui leur fait perdre toute notion de bienséance. C’est vrai ! L’adolescent TDA(H) donne du fil à retordre.

PETER PAN EN PLEINE PUISSANCE

À la moindre petite remarque de ses parents, le jeune se met à crier contre eux, leur siphonnant au passage leur énergie. Pis encore, il leur lance un raz-de-marée d’insultes. Peter Pan s’affirme. Et il le scande haut et fort.

Déboussolés, les parents ne savent plus comment se comporter avec leur jeune qui cherche à tout prix à prendre le contrôle de sa vie. Et ils craignent que celui-ci rompe l’équilibre familial, équilibre qu’ils ont eu de la difficulté à maintenir en place d’année en année.

Survivre est le mot-clé pour les parents. Et, pour qu’ils y arrivent, ceux-ci doivent être méthodiques. En fait, plus que jamais, ils doivent être constants et rigoureux dans leur approche, dans leurs propos et dans leurs actions envers leur adolescent.

Aussi, les parents doivent apprendre à interpréter avec efficience les réactions de leur jeune : agit-il par opposition sur ses apprentissages, un trait de caractère qui se développe chez tous les enfants TDA(H), ou s’agit-il d’une incapacité de se contrôler sur ses émotions, une réaction due à son cerveau que continue de se développer ?

À QUI LA FAUTE ? À SES RÉFLEXES CONDITIONNÉS OU À SON CERVEAU EN DÉVELOPPEMENT.

Les parents doivent d’abord se remémorer comment était leur enfant sur ses apprentissages du français avant qu’il entre dans sa période d’adolescence. Il s’agit de comportements conditionnés que leur enfant a développés au fil des années, une forme de « compensation à être », puisqu’il s’est senti incompétent, ce qui, très vite, l’a amené à détester le français puisque cette matière l’a incité à éviter de se comparer à ses pairs. Autrement dit, le français l’a incité à jeter par-dessus bord son système d’émulation, qui est la base de l’estime de soi de l’être humain.

Je propose donc aux parents d’écrire, dans un carnet, les comportements conditionnés de leur enfant qu’ils parviendront à identifier. Cette étape est très importante, et les parents ne doivent pas la négliger. En fait, je leur conseille de prendre le temps de la réaliser. Cela leur permettra plus facilement d’observer leur enfant sur ses réflexes conditionnés sur ses apprentissages du français lorsqu’ils se trouveront dans le feu de l’action. Voici des exemples de réflexes conditionnés :
  • Enfant, mon garçon me répliquait tout le temps qu’il préférait faire seul ses devoirs lorsque je cherchais à l’aider à les faire. La plupart du temps, il les faisait sans y mettre de l’assiduité. Autrement dit, il les faisait pour s’en débarrasser.
  • Il me répondait tout le temps qu’il avait fini de faire ses devoirs de français et qu’il les avait déjà mis dans son sac d’école lorsque je lui demandais de me les montrer.
  • Il me contredisait tout le temps sur les devoirs que son professeur lui demandait de faire le soir, m’affirmant qu’il pouvait les faire le lendemain.
  • Il me disait très souvent qu’il n’avait pas de devoirs à faire à la maison.
  • Lorsque je lui demandais comment ça s’était passé son examen de français, il me répondait toujours la même chose : « Très bien. Je l’ai trouvé facile à faire. »
  • Ça arrivait qu’il me mente lorsque je le questionnais sur ses devoirs de français à faire à la maison : « Je n’en ai pas. »
  • Il me prétendait souvent que son enseignante n’avait pas eu le temps de corriger l’examen lorsque je lui en demandais le résultat.
  •  Il me répondait qu’ « il avait raté son examen parce qu’il n’avait pas pris le temps d’étudier les jours précédant l’examen », lorsque je lui montrais le mémo que l’enseignante m’avait envoyé pour m’informer de son résultat catastrophique.
  • Sur son incompréhension des notions enseignées en classe, il mettait ça souvent sur le dos de la professeure, prétextant qu’elle les enseignait mal.

En somme, les parents doivent établir des liens entre les comportements inadéquats qu’a adoptés son enfant au fil des années et les tâches qu’il a cherché à éviter de faire pendant tout ce temps.

Lorsqu’ils y arrivent, les parents comprennent vite que leur enfant s’est conditionné à adopter ces comportements parce qu’il était motivé à le faire, parce qu’il était motivé à protéger son estime personnelle puisqu’il le sentait menacée parce qu’il a commencé très vite à avoir de la difficulté à comprendre les notions de français qu’on lui enseignait à l’école.

Les parents doivent ensuite interpréter les comportements et les réactions survoltées de leur adolescent qu’induit le développement de son cerveau. Par exemple :
  • Mon adolescent me tient des propos injurieux lorsque je lui demande de mettre de l’ordre dans sa chambre.
  • Il me pique une crise chaque fois j’ouvre la porte de sa chambre, et ce, même si je cogne avant de le faire.
  • Il s’embarre longtemps dans la salle de bain, refusant de céder la place aux autres membres de la famille.
  • Il sort de la maison par sa fenêtre de chambre – ou par une autre manière – lorsque je lui impose une conséquence.
  •  Il est à couteau-tiré dans l’auto avec son frère ou sa sœur en fin de classes.
  • Il brandit son poing à son frère lorsque celui-ci l’agace sur son acné.
  • Il me rit au visage lorsque je lui fais voir qu’il me manque de respect.
  •  Il ne respecte pas les règles familiales.
Le parent s’aperçoit vite que les éléments mis en cause sont liés à la recherche d’identité du jeune, à son désir de prendre le contrôle de sa vie, plutôt qu’à un désir de protéger son estime de lui. Et c’est justement là où le bât blesse sur ses apprentissages : le jeune adopte une attitude inflexible dès que son parent cherche à savoir comment il performe sur ses apprentissages.


LE PARENT, L’INCARNATION MÊME DU CAPITAINE CROCHET

Le problème est que l’adolescent perd de vue le rôle que joue son parent, soit un adulte qui l’encadre. Il le perçoit comme un être doté d’une personnalité froide, dure et tranchante. L’incarnation même du Capitaine Crochet, quoi ! Un être dominant, rationnel, qui lui laisse peu de place sur son monde imaginaire, sur tout ce qui lui rappelle le monde qu’il vient à peine de quitter, c’est-à-dire son enfance.

Le parent doit alors apprendre à communiquer différemment avec son adolescent. Il doit lui tenir des propos objectifs sur ses apprentissages, établir les faits sur son comportement sur ses apprentissages, tout en lui faisant sentir qu’il comprend bien qu’il est désormais à la barre de son navire, mais qu’il y a des eaux où il doit éviter de naviguer : les limites du parent et les règles familiales.

En effet, l’adolescent doit comprendre qu’il y a des limites qu’il ne doit pas dépasser et des règles familiales qu’il doit respecter, que le parent a préétablies, bien sûr. En d’autres mots, le parent apprend à responsabiliser son adolescent sur ses actes et sur ses comportements, tout en lui faisant comprendre qu’il a des valeurs qu’il tient à faire respecter.

Lors de ses échanges avec son adolescent, bien que ce ne soit pas toujours évident à faire, le parent gagne beaucoup à se servir de l’humour lorsqu’il lui démontre de l’empathie :

« Peut-être me perçois-tu comme le Capitaine Crochet lorsque je te tiens des propos sur tes  devoirs, sur tes leçons ou sur tes résultats scolaires. Je peux le comprendre et je ne cherche pas ici à en changer ta perception. L’adolescence est une période difficile à traverser puisqu’elle provoque des conflits intérieurs.

Cela dit, c’est à toi que revient la tâche d’apprendre à te conscientiser sur tes émotions lorsqu’elles montent en toi et qu’elles te causent des conflits intérieurs ou qu’elles t’incitent à adopter un comportement conditionné qui te poussent à ne pas faire tes devoirs, comportement que tu as conditionné au fil des années pour protéger ton estime de toi, ton trouble d’apprentissage t’incitant à le faire. Cet exercice mental t’apprendra à gagner de la maturité émotionnelle.

Mais si tu sens que tu perds-pieds, que tu perds le contrôle de ta vie et que tu as le besoin d’en parler à quelqu’un, tu peux venir me voir. J’incarnerai le rôle de Nana, la chienne adorée de Peter Pan. Trêve de plaisanteries, mon grand ! Je suis là pour toi si tu sens le besoin de parler à quelqu’un. Mais tu peux aussi choisir quelqu’un d’autre que moi pour le faire, un adulte bienveillant sur qui tu peux compter, par exemple. Voilà ! Je te laisse penser à tout ça. Je t’aime très fort. »

Au bout d’un moment, un climat de respect s’installe : le parent laisse l’adolescent diriger son navire et l’adolescent parvient à garder le cap.

En fin de compte, James Crochet n’a rien de bien méchant et Peter Pan accepte de grandir. Comme quoi la réalité peut parfois dépasser la fiction !